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Gustavo Beytelmann - 2004

J’ai eu envie de jouer seul et d’improviser sur des tangos connus d’un large public. J’ai ressenti le besoin d’une activité pianistique plus intime et plus intense, mais aussi le désir de me confronter à un répertoire qui se confond avec ma propre histoire… Gustavo Beytelmann

Les notes langoureuses, pensée mélancolique, se frottent aux accords plus vifs qui les rendent tumultueuses. La musique est ruisseau paisible et torrent déchaîné… Piano à la dérive, vagabondage et errance aux frontières du jazz, fuite tragique, avec en toile de fond l’exil et le déracinement.

Ces notes parfois douloureuses qui s’extirpent des mains de Gustavo Beytelmann sont passion, émotion et espoir secret, tissent un voile onirique et nostalgique du Rio de la Plata. Je ne savais pas comment jouer ou non le tango, je suis né dedans… Tout commence à Venado Tuerto, aux confins de la province de Santa Fe, entre Buenos-Aires et Córdoba.

Tout petit, la chambre de Gustavo donnait sur la place où se faisaient au printemps et en été les bals de tango. Dans ce village situé sur la route des Andes, les plus grands s’y produisaient.

L’Orchestre de Pugliese, Salgān, Francini et autres formations mythiques jouaient à 15 mètres de son lit ! De cette époque, Gustavo se souvient de tout.

La nuit, il s’endormait en laissant les fenêtres ouvertes pour que les groupes continuent de jouer pour lui. Puis vint le temps où il faisait le mur pour rencontrer les artistes… Je serai musicien

Photos © Prisca Lobjoy